Pour 2026, « année d’action et de résistance », les ministres du pôle écologie feront de l’adaptation, la préservation de l’environnement et la décarbonation leurs priorités, a détaillé la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, lors de ses vœux le 20 janvier 2026. Elle forme le souhait de voir « maintenue l’ambition du ZAN » et de garder « possible » la mise en place de ZFE. Et s’oppose « aux arguments de celles et ceux qui souhaitent encourager la relance de l’exploration pétrolière » en outre-mer. À l’international, elle entend œuvrer à « rebâtir une vision commune » de la transition.
Adaptation, préservation de l’environnement et décarbonation : telles seront, pour 2026 — « année d’action et de résistance » — les priorités du ministère de la Transition écologique et de « l’équipage » formé depuis « 70 jours » par les ministres Monique Barbut, Mathieu Lefèvre et Catherine Chabaud, ont-ils annoncé lors de leurs vœux institutionnels, formulés depuis l’hôtel de Roquelaure le 20 janvier 2026.
« Maintenir l’ambition » du ZAN
À l’approche du « premier anniversaire » du Pnacc (lire sur AEF info), « dont la totalité des mesures a déjà été engagée », Monique Barbut a cité la nécessité d’isoler les logements, de « repenser » les écoles ou encore de « protéger les forêts », de même que d’adapter les modèles économiques pour « protéger certaines filières ». La ministre cite particulièrement les agriculteurs et les pêcheurs, « premières victimes de la pollution » des sols et des eaux.
Tandis que la France doit remettre à la Commission « à l’automne » son plan de restauration de la nature, la ministre a, en matière de préservation, appelé à faire « preuve de bon sens ». Et ce, afin d' »identifier les points d’équilibre entre ce qui doit être protégé et ce qui est acceptable pour les populations » et « construire des solutions pérennes ».
Pour ce qui relève de la préservation des sols et de l’air, la ministre a ainsi dit son « souhait » de voir « maintenue l’ambition du zéro artificialisation nette », tout comme celui de garder « possible » la mise en place de zones à faibles émissions. Et ce, alors que la commission mixte paritaire sur le projet de loi de « simplification de la vie économique » se tient ce 20 janvier à l’Assemblée nationale.
« Concilier décarbonation et compétitivité »
De même, Monique Barbut a assuré sous les applaudissements d’un auditoire comptant notamment les anciens ministres Agnès Pannier-Runacher, Barbara Pompili et Brice Lalonde qu’elle « s’opposera aux arguments de celles et ceux qui souhaitent encourager la relance de l’exploration pétrolière » dans les outre-mer. Ces derniers jours, la ministre s’est frontalement opposée avec Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, favorable à la proposition de loi du sénateur guyanais Georges Patient (RDPI) visant à autoriser l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer (lire sur AEF info).
En matière de décarbonation d’ailleurs, la ministre a appelé à la « mobilisation de l’ensemble des acteurs, publics comme privés » pour mettre en œuvre la troisième stratégie nationale bas carbone, dont le projet a été mis en consultation le 12 décembre dernier (lire sur AEF info). Rappelant que cette feuille de route « n’est pas celle du ministère de l’Écologie, mais celle de la France », Monique Barbut reconnaît aussi que cette stratégie « ne pourra aboutir qu’avec l’engagement des filières économiques et la démonstration que l’électrification est […] une opportunité pour la réindustrialisation [du] pays ». Ainsi, « les négociations européennes sur la décarbonation de l’industrie automobile devront confirmer notre volonté de concilier décarbonation et compétitivité ».
Transition « juste et fertile«
Pour assurer l’adhésion des citoyens à cette feuille de route, le gouvernement devra aussi « veiller à mettre en place les mesures d’accompagnement nécessaires ». « Si nous ne créons pas les conditions d’une transition juste et fertile, nous ne parviendrons pas à inscrire durablement les trajectoires que nous nous sommes fixées », prévient la ministre.
Des trajectoires dont « la survie » dépend aussi des « ambitions » portées sur la scène internationale. Or, 2025 a vu « l’émergence de nouveaux empires, avides de ressources et peu soucieux des règles établies ». Dans ce contexte, les Européens ont « eu le sentiment d’être de plus en plus isolés », les seuls à continuer à « obéir aux règles d’un jeu auquel les autres ne jouent plus » (lire sur AEF info).
« Nouveaux rapports de force »
Pour l’année à venir, Monique Barbut a donc insisté sur l’importance de « mieux tenir compte des nouveaux rapports de force » et de se « préparer, avec nos partenaires européens, à adopter des postures plus affirmées » dans différentes enceintes. Celle du G7, dont la France assume cette année la présidence, ainsi que les différentes COP (désertification, biodiversité et climat) qui se dérouleront d’août à novembre 2026, et les négociations sur le traité plastique, pour lesquelles un ou une nouvelle présidente des travaux doit être désignée à Genève, le 7 février prochain.
« Rebâtir une vision commune est absolument essentiel », a insisté Monique Barbut, notant que si le contexte est marqué par l’incertitude, une chose est « pire » : « la certitude ». Celle « d’avoir perdu le combat » ou « qu’il est désormais trop tard pour agir ». La ministre a appelé à agir pour « faire en sorte » qu’elle ne devienne « jamais réalité ».
« Simplifier sans déréguler »
Durant cette cérémonie, Mathieu Lefèvre a aussi assuré que 2026 « doit être et sera une année utile au plan environnemental ». Lui s’emploiera particulièrement à « continuer à simplifier, sans pour autant détricoter et déréguler ». Assurant qu’existe « une voie de passage pour mieux associer les entreprises à la transition écologique et leur donner toute la place qu’elles méritent dans un contexte de finances publiques contraint ».
Le ministre veut ainsi « essayer à la fois de faire plus simple, via le travail mené notamment sur la question des autorisations environnementales ; plus proche, avec le travail demandé par le Premier ministre en matière de décentralisation ». Et « plus pragmatique », citant par exemple les filières REP, qui font preuve d’une « ambition environnementale élevée » mais aussi de « beaucoup de complexité administrative et économique ». Sur ce sujet, et « avec les parlementaires qui en ont envie », le ministre ambitionne de « faire mieux, avec moins de prélèvements » (lire sur AEF info).
« Horizon d’espérance »
En somme, Mathieu Lefèvre veut « essayer d’inventer, de définir une écologie entre deux pôles du débat public qui paraissent appauvrissants ». D’un côté, a-t-il esquissé, « l’écologie vécue comme une interdiction, qui serait totalement punitive, celle de la taxe en permanence ». Et, de l’autre, « des voix qui invitent à penser que le Giec serait un lobby et que le dérèglement climatique ne serait pas si grave que ça ».
Entre les deux, le ministre estime qu’il existe « une voie », « celle de la transition industrielle », portée « depuis 2017 » et que le ministre entend continuer à tracer « avec un horizon d’espérance, celui qui consiste à dire qu’économie et écologie vont de pair et qu’une grande partie de la croissance de demain dépend de la transition écologique ».






